Histoires ordinaires pour une journée pas ordinaire.

Quoi de plus intéressant que de vouloir se geler les arpions dans une tribune pour un match de rugby ? Pas n’importe quel match messieurs dames, celui des filles de Luzech. « Ok mais ça pèle grave » Ne vous inquiétez pas, ça ne mettra pas longtemps à se réchauffer.

Ça commence au club house (tiens c’est marrant, ça s’y termine aussi) où les filles passent à table avant tout le monde et avalent le légendaire jambon blanc pâtes (option rôtie de dinde) en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Y aurait-il un chronomètre fourni avec les plats ? A la vitesse où ça va, on frise la discipline olympique !

Pendant ce temps-là, Ritchie me sert un verre de bienvenue en me demandant ce que je foutais là… jusqu’ici, rien d’anormal. Les bénévoles, la présidente et moi-même passons à table avec l’impression de se trouver dans un séminaire de fins gourmets.

« Richard, n’y aurait-il pas du blanc qui traine ? » Réponse automatiquement positive quand on sait qui demande. Et puis il y a la deux cuistots qui se sont embêtés à faire un superbe gratin de pâtes alors que la présidente ne veut que du gratin et pas de pâtes. Quelle erreur !

Pendant ce temps-là, les joueuses ont converti l’après repas en une vaste salle de jeux digne des plus grandes heures de gloire du Bellagio. « Faites passer le rouge » entend-on coté opposé limite hypoténuse du club house. Ça commence à s’agiter du coté des filles. On a fait péter les casques audio XXXL et la salle de jeux se transforme en salon de coiffure tendance cabinet médical. Ça tresse et ça stresse, ça pense et ça panse !!!

« Qui veut du café ? » « Tiens voilà l’arbitre il faut que j’aille remplir la feuille de match » « Il faut que Martine aille bosser » « Elles sont arrivées ? » « Qui n’a pas eu ses calendriers ? »

Pendant ce temps-là, Sylvie peste contre les décos de Noël du sapin et ça fait marrer Flo!

Et puis soudain le coach m’appelle… « viens Olive, ça te concerne aussi ». Cool me dis-je, je vais avoir accès au plan de match. Et là, pan dans ta « gueule ». Je vois mes deux batelières se tenir les paluches alors que rien n’a été dit, juste quelques photos à l’écran. « Oh merde » me re dis-je après que l’auvergnat ascendant cantalien ait commencé à parler. Ça suinte, la tripaille est en feu et on est à deux doigts d’une épidémie de myxomatose ! « Qu’est-ce que je fous là ? » me re dis-je encore.

Et Ghis qui passe la seconde. Des mots, toujours des mots, rien que des mots aurait dit Dalida mais là ça devient un concours de fléchettes sauf que la cible est peinte sur votre cœur.

Pendant ce temps-là, Martine fait dérouler les photos. Ça se termine. « Tout le monde dans le vestiaire » petite phrase sortie de la bouche de la capitaine mais qui n’a rien d’un questionnaire à choix multiples. Belote, rebelote et dix de der, ça va swinguer dans le vestiaire ! Perception du carnet de notes et mise en place pour les 80 minutes les plus longues de la vie d’un mari de joueuse.

Pendant ce temps-là, Martine et Mimi affinent les derniers réglages optiques histoire d’éviter d’avoir recours à Photoshop.

Et sur le pré ? Toute la première ligne y est comme son nom l’indique, les secondes lattes vont finir par décrocher les guirlandes de l’Impernal, les troisièmes lignes galopent et marquent des essais, les demis ne sont pas encore servis mais se mêlent à l’ouverture, les centres s’excentrent histoire de tromper l’ennemi, les ailières se caillent comme d’habitude, l’arrière piste le moindre missile balistique en approche et les remplaçantes ainsi que les blessées n’ont plus d’ongle !

Pendant ce temps là le coach a revêtu un bonnet du plus bel effet, certes rouge et blanc mais « made in volcans ». Visiblement il n’y a pas que Chantal qui aime le Cantal. « J’ai envie d’aller au petit coin » entend-je soudain de la part de la fille qui justement est censée le garder. « T’occupe, t’inquiète, je me tourne ! »

Pendant ce temps-là, la plus petite de tout les numéros 6 qu’on n’ait jamais eu à la Douve s’est brusquement transformée en « Bus-dozer » qui est donc le croisement naturel d’un autobus et d’un bulldozer. T’as beau être matinal, ça doit faire mal ! « Allez les filles, on tient, il ne faut rien lâcher » « Faut finir au mental » « Oui mais j’en ai plus »

Pendant ce temps-là, l’arbitre vient de rajouter un peu d’huile sur le feu, histoire de bien se rappeler des principes basiques de la combustion. « Au loup, il y avait pénalité pour nous » Et vlan, sept points dans la musette. Une fille a du mal à se relever… « C’est Méla ? » « Mais non, elle est sortie depuis quinze minutes » Bravo, bien joué pour le type qui est censé résumer le match !

Pendant ce temps-là, notre demi d’ouverture vient de passer à la fermeture en envoyant valdinguer la gonfle par-dessus les talanquères, preuve d’une happy end bien méritée. Bizarre, j’ai l’œil qui coule.

Pendant ce temps-là, les Infernalles et leur coach sont en train d’organiser un concours d’embrassades sur le thème, boues et calins !  « Richard, un… » « C’est pas l’heure, t’as qu’à attendre 18h ! »

Pendant ce temps-là, Martine trie les 482 000 photos et Molive essaie de mettre des mots sur des larmes de bonheur.

Des histoires ordinaires, on vous dit !

Olivier COT

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