Partition inachevée !

Était-ce l’année de trop pour Quentin Rinié dit « La Rigne » ?

Après coup, on pourrait penser que oui. Mais c’était surtout l’année qu’il fallait faire, l’année qu’il voulait faire.

Pensez-vous, sa dixième saison au club, l’année du centenaire du club… Essayez de trouver une seule bonne raison pour ne pas la faire. Nul doute que Capitaine Rinié, ne s’est pas trop trituré le cerveau pour trouver la réponse.

A cheval entre son trente cinquième et son trente sixième printemps, l’homme qui trouve quand même le moyen d’avoir les globules dans ses veines de la même couleur que son club, a bien dû se demander pourquoi il était le seul client de la poisse ce jour-là.

Les risques sont connus de tout le monde quand on fait du rugby mais là ; ce n’était pas juste. Cette maudite 51ème minute du premier jour de l’automne, du premier match de son ultime saison et la longue attente à coté du camion rouge ainsi les copains qui dans leur tête souffrent autant que lui.

Il serre les dents avec courage mais il a vite compris la gravité de sa blessure, l’Impernal courbe l’échine en se demandant s’il n’y a pas quelque chose de pourri en son royaume tant l’injustice dont il vient d’être témoin lui ferait presque perdre les pierres de son couronnement.

Alors « La Rigne », après avoir eu confirmation que sa saison s’était arrêtée le 23 septembre, va se relever, lui le capitaine exemplaire sur le terrain, le « papa » dans le vestiaire avec ses discours qui tapent dans le mille et va prouver, s’il en était besoin, sa fidélité au club en étant présent comme si sa licence de joueur n’était pas périmée.

Même avec des béquilles, le capitaine Rinié est présent le vendredi soir aux entrainements et au traditionnel repas qui suit, histoire d’être vigilant quant à l’épuisement du stock de motivation générale. Avec ses béquilles il va continuer à suivre ses potes les jours de match avec sa casquette vissée à l’envers pour avoir une vision périphérique des débats.

Avec ses béquilles, il prendra le bus pour les confrontations où l’on n’aperçoit même plus le haut des poteaux de la Douve.

Avec ses béquilles il va s’agripper au comptoir, au grand désespoir de Ritchie (rires) pour des troisièmes mi-temps qui n’en finissent pas et crier et avec sa légendaire gouaille « qu’ici c’est la Douve ».

Avec ses béquilles il va venir te parler, lui le varois, le gars de La Valette avec son accent venu d’un océan dépourvu de vague, lui avec les trois lettres du club gravées à jamais dans sa vie, lui le capitaine de la Douve, pour te dire que ce n’est pas grave, c’est comme ça et qu’il y aura des jours meilleurs.

Alors Quentin Rinié, un brin fataliste mais assurément réaliste va continuer son bonhomme de chemin avec ses potes au sein d’un club qui peut être fier d’avoir eu en son sein un joueur aussi dévoué à la cause rouge et blanche.

Alors capitaine « la Rigne », si ta carrière de joueur s’est stoppée sans que tu l’aies voulu, ta partition aussi inachevée soit-elle, reste à écrire sur les berges du Lot.

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